D'où je viens
Quinze ans à donner vie aux bâtiments qui n'existaient pas encore. Aujourd'hui, je leur offre une seconde vie — en papier.
Pendant plus de quinze ans, j'ai exercé comme graphiste 3D au service de l'architecture. Mon quotidien : traduire les plans des architectes et des promoteurs en images photo-réalistes — perspectives extérieures, vues intérieures, films d'ambiance. Des pixels au service de la pierre.
À force de modéliser des façades, j'ai développé une intimité particulière avec l'architecture. Je connais la logique d'un balcon en fer forgé, le rythme des fenêtres d'un immeuble haussmannien, la courbe d'un escalier Art Déco. Ce savoir habite mes mains autant que mon regard.
Les Murs de Papier sont nés de cette convergence : la précision du numérique et l'émotion du geste artisanal. Chaque maquette que je crée porte en elle cette double culture — l'exactitude du modèle 3D et la chaleur du papier découpé, plié, assemblé à la main.
Ce que je crois
Le papier n'est pas un matériau pauvre. C'est un matériau humble — et c'est très différent.
Je crois qu'un bâtiment mérite d'être contemplé autrement que sur un écran. Qu'une façade peut devenir un objet précieux, un fragment de ville que l'on accroche chez soi.
Je crois à la lenteur. Chaque pièce demande des heures de travail — modélisation, découpe, pliage, collage, encadrement. Ce temps n'est pas un défaut. C'est ce qui sépare un objet produit d'un objet créé.
Je crois au papier comme matière noble. Texturé, vivant, sensible à la lumière, il révèle les volumes avec une douceur que le plastique ou la résine ne connaîtront jamais. Associé au chêne massif du cadre, il compose un objet fait pour durer et pour émouvoir.
Et je crois que la technologie, quand elle sert la main et non l'inverse, est une alliée. La modélisation 3D me permet une fidélité architecturale absolue. Mais c'est l'assemblage manuel, feuille après feuille, qui donne à chaque pièce son âme.
L'Atelier
Un bureau, une imprimante de découpe, du papier, de la colle et beaucoup de patience.
L'atelier est un espace à l'image du travail : précis et dépouillé. Pas de machines industrielles, pas de chaîne de production. Ici, chaque pièce est réalisée de A à Z par une seule paire de mains.
Le processus commence à l'écran — modélisation 3D de la façade ou du phare, décomposition en pièces planes, ajustement des proportions. Puis le relais passe à la Cricut, machine de découpe qui traduit le fichier numérique en formes de papier d'une précision remarquable.
Ensuite, tout est affaire de geste. Pliage, mise en volume, collage, superposition des couches — c'est ici que la maquette prend vie, couche après couche. Le papier texturé capte la lumière et crée des ombres naturelles qui donnent à chaque façade sa profondeur.
L'encadrement en chêne massif vient clore le processus. Il protège l'œuvre, la met en valeur et lui confère la présence d'un véritable tableau.
